Jeanne Susplugas, du dessin à la réalité virtuelle

Dans le cadre du prochain numéro d’étapes: à paraître en août prochain et disponible en pré-commande ici jusqu’au 1er juillet, nous publions un article en lien avec la thématique du dossier “Design immersif”.


Un labyrinthe de pensées…

Artiste plasticienne, Jeanne Susplugas imagine une expérience en réalité virtuelle, I will sleep when I’m dead, déambulation visuelle au sein d’un labyrinthe de pensées. À l’aide d’un casque de réalité virtuelle, le spectateur ou la spectatrice plonge dans un monde parallèle cérébral, à 360°. Il est composé de neurones et de synapses, ainsi que d’objets ou d’élément de la vie, réels ou fantasmés : ordinateur, chien, clitoris, caddie, etc. Ceux-ci représentent des pensées et sont en mouvement dans un espace bleu ciel. Ils se rapprochent petit à petit de celui ou celle qui les regarde. Les objets et neurones, tout petits au loin, prennent des proportions importantes lorsqu’ils sont à portée de main. Puis, ils poursuivent leur voyage et s’éloignent dans la direction opposée à celle dont ils proviennent.

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I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.

…expérience interactive de l’inconscient

Inspirée par les neurosciences, l’artiste invite à expérimenter, par la vision, les flux de pensées qui nous traversent à tout instant. Cette création est interactive, sans pour autant que le spectateur ou la spectatrice s’en aperçoive. Grâce à un système d’eye tracking, certains objets, fixés par le regard et différents en fonction de chaque personne, se rapprochent : toute expérience est donc unique. “Grâce à la solution d’eye tracking, chacun·e fait son propre voyage” affirme Jeanne Susplugas pour qui cette interactivité est une composante essentielle de l’immersion et de la réalité virtuelle. L’expérience virtuelle s’inspire du processus de la cure analytique, dans le cadre de laquelle l’on devient attentif·ve à ses pensées inconscientes — guides dans la compréhension de nos fonctionnements. Petit à petit, l’espace bleu ciel s’assombrit jusqu’à devenir gris foncé, rupture représentant un basculement, possible et humain, vers des idées noires.

I will sleep when I’m dead : du dessin à la réalité virtuelle

Conçu dans le cadre d’une résidence du VR Arles festival, I will sleep when I’m dead est d’abord composé de dessins en 2D de l’artiste. “Il s’agit non seulement d’une plongée au cœur du cerveau, mais aussi d’un voyage à travers mes dessins” précise Jeanne Susplugas. “Le principal défi a été de passer de la 2D à la 3D, de donner du volume à mes dessins” ajoute-t-elle. L’artiste a notamment travaillé les textures et les lignes des volumes créés. “Les contours, très présents dans mes dessins, sont une réelle difficulté en réalité virtuelle. Cela a nécessité d’élaborer un trait, intégré aux volumes 3D, qui soit le plus proche de celui de mes dessins” affirme la plasticienne qui souhaitait des formes élégantes et fines. Cette déambulation cérébrale de six minutes et quarante secondes interroge ainsi le médium de l’installation interactive, au carrefour du dessin et de la réalité virtuelle.

I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.
I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.
I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.
I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.
I will sleep when I’m dead, Jeanne Susplugas.

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Source: etapes

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